LECTIO DIVINA ET PRIERE AVEC LA PAROLE DE DIEU

LECTIO DIVINA ET PRIERE AVEC LA PAROLE DE DIEU

Il faut le dire sans hésitation la bible est l’un des piliers de la vie chrétienne. Un travail sérieux dans la vie chrétienne (et dans la direction spirituelle) doit être axé sur notre relation avec la Parole de Dieu.

« Depuis ton plus jeune âge, tu connais les Saintes Écritures : elles ont le pouvoir de te communiquer la sagesse, en vue du salut par la foi que nous avons en Jésus Christ » (2 Tm 3, 15).

Nous avons besoin d’être nourri de la Parole de Dieu. Pour cela il y a longtemps les pères de l’Eglise ont dédiés leurs vies à l’étude et commentaire de la Parole de Dieu.

Saint Jerome disait : « Je vous le demande, très cher frère, vivre au milieu de ces livres, les méditer, les connaître et ne chercher qu'eux, cela ne vous semble-t-il pas constituer, sur la terre, un avant-goût du bonheur du ciel ? » Lettre 394 depuis Bethléem à saint Paulin.

Lire la Parole de Dieu c’est dialoguer avec lui. « Ignorer les écritures c’est ignorer le Christ » affirme encore saint Jerome. Pour cela la Parole de Dieu doit nous pousser à un examen de conscience sérieux : quelle place pour la Parole de Dieu dans ma vie ? Combien de temps je consacre à la lecture  ou à la méditation de la bible ? Combien de fois j’ai lu la bible en entier ? Les évangiles ?

Les fidèles ont le droit d’exiger de la part des prêtres de la nourriture biblique : explications, éclaircissements, méditations, homélies, etc. Mais vous avez aussi l’obligation d’entre en contact vous-mêmes avec la bible.

Or, ce contact se réalise essentiellement de 3 façons différentes :

La lecture spirituelle de la bible. Il s’agit tout simplement de lire la bible avec l’intention de connaitre son contenu et son message. Il est bien de le faire quotidiennement. Je vous conseille un ordre pour la faire : d’abord le N.T (les évangiles, les actes, les lettres des apôtres et l’apocalypse) et après l’A. T., en commencent par la genèse.

L’objectif est donc d’acquérir une intimité et une familiarité avec la Sainte Écriture, pour qu’elle soit comme une boussole qui nous indique la route à suivre.

Or, lire la bible, ne peut pas être une pratique parmi les multiples à réaliser  au cours de la journée, lire la Parole de Dieu est un moment particulier parce qu’on s’assied aux pieds du Bien Aimé pour l’écouter. Charles de Foucauld disait : « Quand nous lisons le Saint Evangile, nous sommes vraiment aux pieds de Dieu présent partout ; Il nous parle vraiment de Lui-même, se faisant connaître à nous, nous racontant sur Lui mille détails : c’est vraiment lui qui nous parle, puisque les Livres Saints sont ‘soufflés’ aux écrivains sacrés par l’Esprit saint, et sont ainsi la vraie parole de Dieu ». 

La méditation de la bible : ce moment n’est pas forcément un moment de prière. C’est plutôt une lecture morale de quelques versets des évangiles, des psaumes, des lettres de saint Paul, etc. Il s’agit d’en tirer des enseignements pour notre vie quotidienne.   

A ce propos, Charles de Foucauld écrit à Louis Massignon, le 22 juillet 1914: «Tachez de trouver le temps d’une lecture de quelques lignes des Saints Evangiles, en prenant chaque jour à la suite, de manière qu'en un certain temps ils passent entièrement sous vos yeux, et après la lecture (qui ne doit pas être longue : dix, quinze, vingt lignes, un demi-chapitre au maximum), méditez pendant quelques minutes mentalement ou par écrit sur les enseignements contenus dans votre lecture. Il faut tâcher de nous imprégner de l’Esprit de Jésus en lisant et relisant, méditant et reméditant sans cesse Ses paroles et Ses exemples : qu’ils fassent dans nos âmes comme la goutte d’eau qui tombe et retombe sur une dalle toujours à la même place ».   

Vous pouvez le faire par exemple avec la lecture de l’évangile du jour. Je vous suggère deux sites à consulter : https://levangileauquotidien.org/ (il offre après les évangiles un petit commentaire des pères de l’Eglise et des saints). http://evangeli.net/evangile/ avec petites méditation très bien faites mais aussi une explication théologique suivant pour la plupart l’enseignement du Pape Benoit XVI. En plus, il peut vous être utile de lire la chaine d’Or de saint Thomas d’Aquin (commentaire des pères de l’Eglise sur les évangiles).    

La lectio Divina : c’est une lecture méditative, contemplative et priante de la Parole de Dieu. Voilà tous les éléments de sa définition. Il s’agit d’un moment de prière et cela exige une préparation :  

- Purification du cœur… Dieu se révèle aux purs du cœur. Mépris du péché et désir de nous convertir.

- Le recueillement intérieur et extérieur. Silence intérieur et extérieur. Je ne peux pas faire la lectio divina avec le téléphone à coté qui sonne à chaque instant. Il faut prendre du temps : minimum une demi-heure de prière avec la Parole de Dieu.  

- Un petit oratoire ou autel. Il faut trouver un endroit propice pour un temps de prière, de communication avec Dieu.

- Respect de la bible : ainsi il faut éviter le risque d’une approche individualiste de la bible, en se rappelant que la Parole de Dieu s’adresse à chacun personnellement, mais c’est aussi une Parole qui se lit dans et avec l’Église. C’est pourquoi le texte sacré doit toujours être abordé dans la communion de l’Eglise et avec l’aide de l’Eglise : le magistère, la doctrine des saints, les commentaires des pères de l’Eglise.

- Etre conscient d’entrer dans un dialogue et dans une écoute de Dieu, parce que comme le dit saint Augustin : « Ta prière est ta parole adressée à Dieu. Quand tu lis, c’est Dieu qui te parle ; quand tu pries, c’est toi qui parles avec Dieu ». Or, ce dialogue consiste donc en 4 moments fondamentaux :

a. Lectio. La Lectio est toujours préparée, qu'elle soit pratiquée seul ou en groupe de prières. Il s’agit de travailler sur un texte biblique pas très long, pas très court. Vous pouvez le faire par exemple sur les lectures de la messe (1 lecture et évangile, ou bien le Psaume tout seul). La question que l’on se pose est alors: Que dit en soi le texte biblique? Pour cela il faut lire et relire le texte en le soulignant de manière à mettre en relief ce qui est important. Voici ce que l’on peut faire: souligner par exemple les verbes en rouge ; encadrer les sujets pour qu’ils soient mis en évidence. Quel est le lieu de l’accomplissent des actions? ; Quel est le sujet qui agit et qui reçoit l’action? ; noter les mots les plus importants ; faire un point d’interrogation à la marge là où le sens n’est pas clair pour moi ; souligner ce qui pour moi est le point central du passage ; voir les parallèles (A et N testament).  

Tout cela aide à mieux comprendre la page que nous sommes en train de lire. Quand la lecture est ainsi faite, nous découvrons des éléments qui nous avaient échappés à la première lecture. Nous découvrirons des choses auxquelles nous ne nous attendions pas, même pour un texte que nous connaissions presque par cœur.

b. Meditatio. La méditation pose la question suivante: Que nous dit le texte biblique? Ici, chacun, personnellement, mais aussi en tant que réalité communautaire, doit se laisser toucher et remettre en question, car il ne s’agit pas de considérer des paroles prononcées dans le passé mais dans le présent. La méditation est la réflexion sur les valeurs spirituelles et morales du texte. On cherche en effet à comprendre quels jugements et propositions de valeurs sont explicites ou implicites dans les mots, les attitudes et les actions des personnages du texte médité. Cette recherche se fait selon des questions comme celles qui suivent:

Comment les personnages de ce passage se sont-ils comportés? Quelle est leur attitude envers Jésus? Quels sont les sentiments de Jésus envers eux? Comment les paroles sont dites? De quelle manière les sentiments et les valeurs permanentes commencent-ils à émerger? : la crainte, la joie, l’espérance, la peur d’avoir confiance, le doute, la solitude … Et quelles sont les attitudes de Dieu envers moi: la bonté, le pardon, la miséricorde, la patience.

Est-ce que je me reconnais dans tel ou tel personnage du récit biblique ? Ai-je le désir de voir le Seigneur comme Zachée? Ai-je un besoin ardent de salut comme Marie Madeleine? Est-ce que je demande une aide pour avoir une plus grande foi comme le père de l’enfant épileptique? Suis-je plutôt plus proche de ce personnage qui se croit juste, qui n’accueille pas Jésus, qui l’invite pour le critiquer, pour l’examiner? Est-ce que j’accueille le pardon de Dieu?

Ce que dit Jésus, me fait-il peur? Est-ce que cela me dérange, me contraint à changer quelque chose dans ma vie?

c. Oratio et Contemplatio. En cette étape on cherche de répondre au passage choisi en ouvrant son cœur à Dieu. C’est le moment d’écouter Dieu nous parler. Ouvrir notre esprit, notre cœur et notre âme à l’inspiration de Dieu. La question est la suivante : quelle conversion du cœur et de vie le Seigneur me demande-t-il? La prière suppose cette autre question: Que disons-nous au Seigneur en réponse à sa Parole? Cela implique une réponse amoureuse de la volonté

La prière est formulée par rapport aux textes qui la nourrissent : - Je demande pardon parce que face aux valeurs proposées par le passage évangélique je me trouve à défaut. - Je demande humblement la grâce de pouvoir être cohérent avec les indications données par Jésus.

d. Actio. Ici il s’agit d’obéir à ce que le Christ a dit au scribe à la fin de la parabole sur le Bon Samaritain: «Va et toi aussi fais de même». Nous pouvons méditer les conseils de l’apôtre Jacques : «Mettez la Parole en pratique. Ne soyez pas seulement des auditeurs qui s'abusent eux-mêmes! Qui écoute la Parole sans la mettre en pratique ressemble à un homme qui observe sa physionomie dans un miroir. Il s'observe, part, et oublie comment il était. Celui, au contraire, qui se penche sur la Loi parfaite de liberté et s'y tient attaché, non pas en auditeur oublieux, mais pour la mettre activement en pratique, celui-là trouve son bonheur en la pratiquant» (Jc 1,22-25).

Conclusion

La lecture des Ecritures saintes selon les quatre/cinq étapes qu’elle comporte devient non seulement une «école de prière» mais aussi une «école de vie». En effet, avoir fait personnellement l’expérience de Jésus comme Sauveur et libérateur change inévitablement ma vie, mes jugements mes principes de vie. J’arrive à une confession de foi pratique, une foi vécue dans mes choix quotidiens, et qui dit que Jésus est le Seigneur de mon histoire, de l’histoire de tous les hommes, le Seigneur du monde.

Je termine alors avec l’invitation de notre Bienheureux Charles de Foucauld qui terminait lui aussi chaque leçon de son catéchisme par des passages d’Evangile, et que cette invitation résonne plus que jamais forte et urgente dans le cœur de chacun d’entre nous : «… revenons à l’Evangile, si nous ne vivons pas l’Evangile, Jésus ne vit pas en nous. Revenons à la pauvreté, à la simplicité chrétienne…Revenir à l’Evangile, c’est là le remède : c’est ce dont nous avons tous besoin».

 

P. Silvio MORENO, IVE       

           

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